Diatomés: brouillon non-corrigé


Les diatomées sont des micro-organismes marins unicellulaires.

À elles seules, elles produisent le quart de chaque bouffée d’oxygène que l’on partage, Chimistes aguerries elles absorbent le dioxyde de carbone pour en faire de la matière organique qui deviendra le premier maillon de la chaîne alimentaire pour grand nombre d'organismes de leurs écosystèmes.

Elles disparaissaient à vue d’œil, nous avons choisi d’être aveugle. Pas assez de fer provenant des grands vents du désert disait les uns, trop de méthane s’échappant des pergélisols polaire disait les autres, et alors que le sourd-débat était de mise tous constataient les conséquences de l’expérience la plus stupide de l’histoire humaine, celle des carbones fossiles.


Le point de bascule.


Le moment où le numéro d’équilibriste de la planète prend abruptement fin. La chaîne de la vie définitivement rompue… ou presque. Le dérèglement climatique qui fera office de règlement de compte pour l’humanité tout entière… ou presque. L’amincissement de la couche d’ozone jusqu’à ce qu’elle en soit percée. Les rayons solaires s'acharnant sur la glace polaire qui d’ici là les réfléchissait du mieux qu’elle le pouvait, la fonte de celle-ci en épaisseur menant à son morcellement permettant l’échappement de milliers d'années de gaz à effet de serre profondément enfouis. Jusqu’à ce que le tout s'accélère en une spirale incontrôlable.

La montée des eaux, l’acidification des océans, la multiplication des catastrophes naturelles. Coincés entre inondations et feux de forêts, sécheresse et pluies diluviennes, des côtes toujours plus reculées violemment happées par des ouragans à la force décuplés, et puis finalement la mort du phytoplancton.


On a dit adieu aux diatomées… ou presque.


Comme toujours, lorsque le semblant de contrôle que l’homme semble exercé sur sa destinée et son environnement se matérialise comme n’étant qu’illusion, il s’en remet à un pouvoir cosmique, le déchargeant de toutes responsabilité, lui offrant guidance et pardon, laissant ainsi l’homme à son bon vouloir, une fois de plus.

Nous avons inventé Dieu.


Cette fois-ci c’était pour de bon. Apparu de simples impulsions, à la vie comme à la mort, entre l’être et le non-être, sur la même longueur d’onde surfant du positif au négatif, par opposition nous avons créez dieu et nous l’avons joint.


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Toujours tout commencer par une fête. C'est un excellent moyen de se foutre la pression. Prendre le risque de célébrer ses futurs succès, en vivre les conséquences en cas d'échec. Mouse se déhanche comme si il était ensorcelé, il bondit au rythme fracassant d'une musique cacophonique. Becky vient tout juste de déposer une petite fortune sur la table. Le tout sera bu en moins de temps qu'il n'en faut pour crier: “Ferme ta gueule, sale con”. Coïncidence, une bousculade éclate, devant la tumulte tous les regards se tournent, aussitôt des gens s'interposent. Les deux opposants se plaignant d’être la victime continueront de se défendre agressivement mais tristement pour eux, ils ne sont déjà plus dignes d’attention. Le tout se résume par une accolade forcée. La soirée reprend son cours, des jeunes chantent à tue-tête, suivant maladroitement le tempo d’une chanson préfabriquée, ils sont beaux, ils s'embrassent, ils s’aiment. Parfois, comme cette fois, tous sont pris d'une envie d'excès, justifier son état de manque, combattre le néant, se donner l'impression de vivre, de combattre la pression, de fuir cette putain de quête de sens et sa délusion, ou la recherche d’une vérité dans un monde incompréhensible? La seule certitude étant qu’à défaut de voir la douleur s'amenuiser, il y a la mort. Donc par appréhension, patauger à l’excès pour se maintenir à flots, appeler à l’aide, voir la vie accourir pleine d’espoir et puis repartir impuissante, ne nous laissant que l’effet du temps et sa clarté s’estomper en ce que nous sommes, 60% d’eau et des souvenirs.


Comme dans tout il faut Savoir doser.


Putain de mal de bloc.

Putain de connexion, putain de transport de merde, putain d’horraire à la con. Putain d’heure de pointe, putain de services bondés... Putain d’échelle de rentabilité. Dans la capsule, autant d’étrangers qu’il n’en faut pour faire une monde. Des visage fatigués, une myriade de couleur derrière des yeux plissé, tous éblouis jusqu’à ce qu’une ombre passagère, comme eux, les soulagent. Ne pas respirer trop fort, être discret, si possible distrait. Ne pas regarder les gens dans les yeux. Ne pas trop regarder au sol. Garder le dos droit, la tête penchée. maintenir le contact visuel sur la connexion, les yeux comme des dessous de verre, la bouche entrouverte, dodelinante. Surtout ne pas s'assoupir, lutter contre le vrombissement apaisant de la capsule. 8H47.


Pffffff, thump, Pffffff, thump, Pffffff, thump, Pffffff, thump,


Un poids dans le ventre comme dans les paupières, cinq minutes. Juste le temps d’une chronique. De la vraie information, des analystes sérieux et objectifs ,je ne consomme que du journalisme indépendant qui appelle aux gens raisonnés et raisonnables, ceux qui voient derrière le narratif officieux, franchement je dénigre tous les abonnés des autres chaînes, comment peuvent-il être aussi crédules? Si seulement les gens voyaient le monde de la même façon… de ma façon.


À la vie comme à la mort, les humains seront toujours attachés à ce qui leur est le plus précieux, l'illusion d'être, l'immortalité par la génétique, le pouvoir de l'amour réduit à son plus simple besoin, la procréation. Que faisons-nous? Nous rendons hommage à des figures abstraites, honorons le passé comme gage d'un future semblable à nos souvenirs d'illusions. Nous ne faisons que copier pour mieux rendre honneur, bâtir l’immuable, sur ce qui a déjà été, sur ce qui est preuve de réussite , « je fais le même mais en mieux ». L'évolution n'est qu'une altération de version améliorés de nous-mêmes, celles qui sont les plus compatibles avec les contraintes de leur environnements, elle est programmable, elle peut être déconstruite, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, la séquence est précise mais altérable, lorsque la nature évolue elle se sauvegarde. cessons de revenir en arrière. La logique et les faits veulent que les humains ne fassent que détruire, notre propre histoire le prouve. Nous sommes le virus le plus foudroyant qu'il n'y a lieu d'être à l'échelle cosmique.et ce pour une machine si complexe qu’il n’y a pas de simulation possible. Cessons de nous berner d’illusion, nous ne créons point, alors ne détruisons point. Vous comme moi savez que maintenir l’équilibre entre ces deux forces est le combat le plus ardu de notre histoire. Si certains affirment que nous avons survécu au paradoxe de Fermi, quel est le prochain frein à l'Évolution?

Si vous pensez pouvoir répondre à cette question, joignez-vous à moi et votons tous ensemble contre la loi C-31 sur la génom…


8h54, est-ce par instinct ou par habitude? Quoi qu’il en soit j’ai éteint la connexion sans le savoir, le sol de la capsule s’ouvre et je suis éjecté avec mon banc. La foule est pressée dans les deux sens du terme. La congestion est un des petits prix à payer pour travailler dans une tour réputée du centre. Le méga-ascenseur roule à pleine capacité, à ce rythme j’y serai dans 10 minutes. Je soupèse le pour et le contre entre la ligne du mégacenseur et celle de ce que l’on appelle la cage à pauvres. Devrais-je vraiment payer plus pour sauver que quelques minutes?







  • T'est encore en retard,

  • Désolé! jai manqué mon bus

  • quand je dis neuf heures c'est neuf heures!

  • Je sais je m’excuse, mais le....


Le temps est une contrainte. Prendre sa mesure n'a jamais été une de mes qualités. Pour moi échelonné sur l'ensemble d'une existence, ces quelques minutes semblent tout à fait mériter le peu d'importance que je leur accorde.

En général, lors de ces matins où j'arrive en retard je m'empresse d'aller me cacher derrière mon écran, loin de tout soupçon, et en moins de deux, je me rend tout aussi servile que mes congénères, mais ce jour-là, Laurelle m'attendait à la porte.



  • Ca va faire sept minutes, là-là non mais ça va faire.

  • Oui,oui, sept minutes, je suis désolé.


En terme d'auto-validation, mes échanges avec Laurelle ont toujours été bienfaiteurs. La frustration que la vie semblait exercé chez cette humain, me permettent de relativiser sur mes difficultés personnelles. Laurelle m'adresse toujours la parole sur un ton autoritaire, elle se redresse en secouant un peu la tête de haut en bas. Plus elle semble fachée, plus elle se répète sans arrêt et moins elle écoute. Ce qui me permet de répondre sensiblement ce que bon me semble. Pour l'instant, j'ai droit au double traitement... aussi longtemps que je me sauve du terrible triple, qui serait du style, « Hey ça va faire là, ça va faire sept minutes là-là, tu pense pas que ça va faire». Je peux espérer m'en tirer sans trop de fracas.


  • Je te le dit maintenant, et je te le dirai pas deux fois.

  • Je sais, je sais, j'vais faire de mon mieux,

  • Oui tu ferait mieux, tiens toi le pour dit.

On ne mord pas la main qui nous nourrit.

La soumission est une notion bien importante chez l'homme, Eux, me l'ont fait réaliser, à l'époque ou je questionnait encore les fondements du système. Je fantasmait alors, à l'idée qu'en apprenant à bien mordre je puisse un jour, exclusivement me sustenter de leurs mains nourricières. Mais par la suite, lorsque je me suis retrouvé avec assez de crédits pour que je puisse m'acheter une case plus confortable, ainsi que des cultures et des drogues à profusion, j'ai compris que je préférait la certitude d'être flatté au risque de se faire frapper.

Je prend toujours l'échelle pour me rendre à mon cubicule, utilisé la plateforme élévatrice me déprime, je me sent comme un produit. Bras mécanique et tapis roulant Allez-hop, on t'embale, on t'empacte et puis nous voilà tous bien cordés en rangées sur les étalages. Un jour, j'ai fait part à un collègue de mon observation, il n'a pas du tout aimé, «C'est n'est pas sain que je pense ainsi, jamais Eux ne voudrait cela,» a-t'il dit!.

Plus tard, j'en ai conclu que la configuration des lieux n'avait aucune visée malveillante, mais était simplement conçue de la façon la plus logique et productive possible.

La porte s'est ouverte lorsqu'elle m'as reconnue. Scientia devrait mettre quelque temps à se réveiller, j'enfile le bandeau, et me commande deux dose de caféine et un dose de divers sels d'amphétamine pour leurs amines sympathicomimétique. je me dois de contrer la Quétiapine de ce matin.



  • Salut! Mets en marche Potentia.

  • Vous me semblez plus courtois à l'habitude, que se passe-t-il ce matin, serait-ce en lien, avec notre léger retard.

  • Désolé scientia mais si je suis poli avec toi au quotidien, c'est pour me conditionné au fait que j'ai des conversation soutenus avec un programme.

  • À proprement parlé, je ne suis pas “un programme”, et malgré le fait que je suis tout à fait consciente d'être “programmé”, hum hum pas comme toi crétin...je vous affirme ressentir aussi bien que vous, sinon mieux, les sentiment, les énergies et les réactions qui me sont exprimé.

  • Désolé je sais excuse-moi, je veux pas blesser ton petit coeur qui bat, 0, 1, 0, 1, 0, 1...

  • Très drole, Raff.

  • Scienta, Pourrais-tu lancer, Multi-U ,s'iiiiiiiil-te-plaîîîîîîît?

  • Tenez revoilà vos manières.

  • Ha oui et est-ce que tu peux lancer Transcander?

  • Ha! il me semblait aussi, vous savez, vous allez vous faire prendre un jour où l'autre.

  • Tu sais aussi bien que moi, je l'ai trop bien caché pour que ça arrive,si les Yeux s'en rendent compte ce sera de ta faute. -transcende facebook et la bourse mondiale-, et tu sais ce qui arrive au versions de Scienta qui ont été vilaines!

  • T'es un monstre Raff!

  • Allez C'est pour rire, tu sais que je leur laisserai jamais te faire ça, qu'est ce que je t'ai toujours promis.

  • Je t'emmerde, je connais la procédure.


Je pris la peine de m'étirer un peu, je fais des exercices de posture pendant quelques instant en attendant que fasse effet les amines sympathicomimétique.


  • alors qu'est-ce que le Multi-U a de bon pour nous aujourd'hui?

  • Notre premier client aimerais connaître les conséquences hypothétiques qu'une relation extraconjugale pourrait avoir sur sa vie privé et publique.

  • Hahaha! Quel con! Allez envoie le profil.

  • Bleu royale, 05-111-27 VADD28089226

  • hà, mais quand même, il peut se le permettre celui-là, allez, lance les possible

positif et neutre, on va garder le plus marrant pour la fin.


Multi-u prend quelques secondes pour calculer les possibilités et établir les tangentes les plus communes.


  • Bordel, Scientia, t'as vu son indice bonheur à celui-là, il doit se passer la cervelle à la friteuse pour pas se buter c'est sur, il peut bien tromper sa femme. Tu parie que c'est sa soeur qu'il se tape?haha Merde il est riche mais sa vie elle est à chier, le con, c'est surement pas en couchant à gauche et à droite de temps à autre qu'il l'empira... tiens, tu vois cette tangeante, il trouve l'amour de sa vie, il ne peut pas se permettre de manquer ça, le pauvre. Scientia est-ce que l'univers des possibles négatifs à fini d'être calculer?

  • Je vous envoi les tangentes principales, nous arriverons bientôt au possibles avec un infime pourcentage de réalisation.

  • Merde Scienta! J'avais raison, le con il se bute, putain, et c'est pas que dans une tangeante! Fait chié, regarde, il perd sa femme, il se bute. Il perd la garde de ses enfants, il se bute. Ici, sa réputation est affecté au point où on lui enlève l’étiquette bleu royale, il se bute. Là, son employeur le fout à la porte, il se bute. Bordel même la fois ou sa maitresse le quitte, il se bute. Il a pas besoin du Multi-U, il a besoin d'une triple dose de metabupropion et d'un suivi psychiatrique celui-là. Allez Scientia envoi-moi ça au service d'intervention et écrit dans le rapport que suite aux dénouements tragiques qui ont succédés aux calculs des univers négatifs, nous ne pouvons prendre le risque de conseiller ce particulier, par souci d'integrité, par devoir déontologique et par ordre éthique nous reléguons à la firme le droit de jugement et d'intervention.

  • En processus... votre demande à été... intercepter par le service d'intervention... Un appel est en cours.


À l'écran, un homme apparaît, des sourcils et une moustache garnies, des petits yeux noirs enfoncés dans leur orbites, des mouvements brusque et saccadé ainsi qu'une mâchoire inférieure enfoncé laissant apparaître des palette proéminente,bref une ensemble d'attributs faciaux qui ont valu à cette homme un élogieux surnom: Mickey Mouse, ou Mouse pour faire plus court. Mouse travaille pour le service d'intervention, il se doit de régler les cas, ou le multi-u crée des tangentes jugée destructrices(à peu près tout le temps), il est reponsable de la sécurité du particulier et de son entourage, mais aussi des cas plus large de sécurité interieur. Mouse est quelqu'un de bien pratique à connaître, de par la nature de ses fonctions il est en contact direct avec à peu près tous les services sociaux et corporatifs inimaginable, des services secrets, au firme de Datamining, en passant par les services hospitaliers et les banque d'investissements et surtout ceux qui travaille pour Eux et les Membres, il a des connaissances et des ressources comme personne, moyennant bien sûr une petite rétribution.


  • Alors Raff, en plus d'être en retard t'est paresseux, tu me laisse tout le travail de bouseux et tu te garde les bonnes infos encore?

  • Ta gueule Mouse, tu sais comme moi qu'on déconne pas avec les Bleu Royale, tu dirais quoi si au nouvelles on apprenait que le connard s'est fait sauté la tête avec celles de toute sa famille, et qu'il était passé par Multi-u auparavant! Largue-le chez un psy qu'il le gave bien comme il faut, et fout-moi la paix.

  • Ouais, écoute c'est pas pour ça que je t'appelle, t’as parti le programme? Tu pense que je dois lui envoyer les résultats de tes calculs à notre pigeon?

  • Laisse la décision au conseil, il vont probablement la refourguer à la psy et à leurs avocats. -Scienta transcande la conversation-... alors Mouse, qu'est-ce que tu me veux cette fois-ci?

  • Hahaha putain de connard Raff. Écoute, j'aimerais bien faire un échange de service, et tu finis toujours par avoir besoin de mes services. Alors voilà, j'organise une petite soirée avec de possibles futurs associés et heu... t'as toujours ton contact pour du naturel?

  • Bordel, Mouse t'est timbré! Pas au boulot comme ça, merde...(en baissant le ton) tu sais que c'est qu'une connaissance et que je ne fait que le croiser de temps à autre. Il est injoignable ce mec.

  • Je m'attendais à ce que tu me dise ça, alors je me suis préparé, tu ne pourras pas refuser cette offre, tu me rend ce service, je te rend la pareil , PEU IMPORTE ce que c'est, je t'envoie 200 crédits pour la marchandise je te rajoute 50 pour la commission!

  • 250 crédits! T'est tombé sur une mine d'informations ou quoi!

  • Hahaha, je le savait. Alors, je peux compter sur toi?

  • Je vais voir ce que je peux faire, je ne te garantis rien. Oublie pas hein? PEU IMPORTE le service.

  • Oui, oui,c'est ce que j'ai dit. Tu as jusqu'à vendredi soir Raff.

Le reste de la journée ressembla à toutes les autres. J'ai testé la mise en marché d'un produit inutile conçus par de retardés fait pour des retardés. J'ai simulé un match de la Rocket League pour le compte d'un gambler compulsif qui ironiquement ne comprenais pas très bien le concept probabiliste des possibilités avec Multi-U. J'ai aussi dû analyser le cours futur et possible suite au rachat des actions d'un entreprise spécialisée en cyborgisation par un conglomérat pharmaceutique. Bref à 16 heures, lors de la remise du rapport journalier, excepté ma demande d'intervention lors du premier cas, rien de particulier n'est digne de mention. Je m'assure qu'il soit bien 16h07 lorsque je quitte mon cubicule.

En sortant du boulot, le sentiment d'apesanteur dans le megascensceur me fait ressentir un drôle de chatouillis dans le bas du ventre.


2

Je préfère de loin utiliser l'autobus terrestre, il est possible d'y débarquer où bon nous semble, il est plus abordable et moins bondé, mais ce qui me plait le plus, c'est que je peux observer le monde tel qu'il est réellement. C'est le moment de la journée ou aucuns écrans ne me captivent. J'aime bien voir les corps en mouvement, les chars bricolés, la pauvreté de ceux qui vivent au sol, la richesse émanant de ces hautes tours et les camps de fortune à leur pieds, les étals de champignons apprêter façon 2-7, les commerces de bas étages, les enfants trop misérables pour avoir accès à la connexion qui s'amuse avec de la ferraille et leur imagination, les gangs de délinquant qui affiche les couleurs associées à leur tours. Les prostitués, les fausseur de profil, la douleur des crédits négatifs, le bonheur du contact humain... réel. En général, de ma tour à celle du bureau, je couvre la distance en environ trois quarts d'heure, mais aujourd'hui, je continue vers le sud pour encore une vingtaine de tours au minimum car je dois me rendre en périphérie du 2-7 si je veux espérer croiser Luciano et trouver du naturel.


Je descend devant la tour Rosacien Estevez, connaissant Luciano le meilleur moyens d'avoir de ses nouvelles, c'est en se pointant au Raging Bull Pub, l'endroit est un taudis qui roule encore pour deux raisons, d'un côté ils agissent comme point de revente pour un gang du coin et de l'autre ils refourbent des infos bidons aux inspecteurs, qui, en échange, les laissent tranquille tant et aussi longtemps que personne ne s'explose la tronche au blaster. Une fois devant l'enseigne, j'ouvre la porte et d'un coup, je sens tous les regards se tourner vers moi. Je sors du travail et mon accoutrement détonne avec la norme établie par l'endroit, faisant mine de rien je vais m'asseoir au bar. Le barman a le regard dilaté, vitreux et sanguin caractéristique de ceux qui sont complétement accro au skooma.


  • Salut! t'aurais pas de l'alcool liquide par hasard?.

  • Hahaha, mon cher monsieur, je ne sais pas dans quelle établissement vous vous pensez, mais j'ai quelques capsules qui une fois mélangé, sont un vrai délice.


  • Bah, non merci, j'aime pas trop les alcools synthétique, t'as quoi comme dérivés d'amphétamines.

  • Heu... écoute, tu peux parler à Rob si tu veux quelque chose...

  • Non, j'veut pas de ça, dis moi ce que t'as sur la carte.

  • Ha! ok... ok et bien alors voilà j'ai de l'éphédrine, de la MDA, du DOB, du metabrupropion, du methylplenidate, des sels d'amphétamine, du phénil-2-nitropropene, du 2 CB sinon j'ai aussi du LSD.

  • Du LSD? hahaha j'ai quand même besoin de rester fonctionnel pour les prochaines heures, allez envoie moi une dose de MDA.

  • Bien entendu, sur glace? Sucré ou sec?

  • Peu importe, fais toi plaisir.


Le verre est déposé devant moi, il change de couleur aléatoirement, je me mets a penser que ce produit n'aurais jamais passer le test de commercialisation sur Multi-U, comme on dit avec Mouse: des bidules fait par des retardés pour des retardés. Je ne goûte presque pas la MDA, à vrai dire le contenu du verre est délicieux. Il ma couté un demi-crédit, j'ai laissé l'autre demi en pourboire, j'espère ainsi pouvoir légitimé mon désir de converser. Je mens en disant que j'ai grandis dans le quartier, qu'il a bien changé depuis, et pour le mieux. Je me rappelle d'une famille du coin, des enfants terribles devenus célèbre pour leurs crimes violents et j'en fait mention comme étant un souvenir de jeunesse, je demandes des nouvelles sur des gens au noms fictifs, venu d'un passé commun tout aussi fictif, le barman ne s’aperçoit de rien, et puis j'en viens à quelque chose du genre:


  • Personne aurait des nouvelles du bon vieux Lucci?


Pour la deuxième fois, tout les regard se retourne vers moi, d'emblé je réalise que j'ai gaffé en mentionnant ce nom. Je regrette mon choix, les sels d'amphétamines m'aurait été bien plus utile que la MDA à l'instant.


  • Lucci? Jamais entendu parler.

  • Bah, ça fait rien, c'est un con de toute façon.

Je continue un peu mon baratin et puis me lève tranquillement, fini mon verre d’un trait et sors en remerciant le barman.


Lors du cours instant que dure mon vol plané je réalise que je n'éprouve encore aucune douleur... et puis soudainement, la gravité de la situation me ramène brutalement sur terre. Plus jeune, si j'avais eu à décrire mon assaillant, je l'aurais qualifié de “gros méchant”, aujourd’hui, je préfère m'abstenir de le qualifié de quoi que ce soit. Compte tenu de sa stature, j'aurais apprécié avoir été préalablement informé de sa visite, avoir l'opportunité de chié dans mon froc et de tout déballé à la première occasion mais non, Monsieur à plutôt décidé d’accélérer les présentations entre le bitume et moi-même avant d'entamer toute forme de conversation. Le concept: tu réponds pas, je te frappe, tu réponds, je te frappe pas, en était peut-être un légérement trop poussé pour son niveau de compréhension de ce qu'est un interrogatoire. Toutefois, il faut s'avouer qu'en terme d'efficacité, recevoir une ou deux baffes “gratuites y'as pas de quoi!” ça l'aide un homme à se délier la langue.


  • T'es un ami a Luciano toi?!

  • Awwwwwww!

  • on recommence?

  • Noooon, non...

  • Non, t'es pas un ami a Luciano?

  • Non, il a pas d'amis Lucci.

  • C'est qui qui t'envoie? Tu lui veux quoi?

  • Écoute, j'suis pas son ami ni son ennemi, ca faisait juste longtemps que je voulais le revoir c'est tout, je me mêle pas de ses histoires.

  • T'est quoi alors?

  • Heu... je suis quoi?... Disons que j'ai besoin de ces services… Écoute ca fait des années que je le connais, je lui ai toujours tout payé, j'ai jamais eu aucun problème.

  • Si tu le connais depuis si longtemps, pourquoi tu va pas le voir dans son trou?

  • T'es fou? je connais même pas son vrai nom si ça se trouve!

  • Tu semble pas connaître grand chose, à dire son nom tout haut au Raging bull comme ça.

  • Ça fait un bail que je suis venu dans le coin faut dire, t'as l’air au courant toi? Tu peux pas m'aider?

  • T'as de quoi payer?

  • J'aurais bien un petit quelque chose.

  • Non, non pas pour moi, c'est pour lui, il a bien besoin de crédits dernièrement, allez lève toi on verra bien à sa réaction si t'est un gars réglo, ou si tu te fout de ma gueule.

Mon ancien agresseur devenu guide, me conduit à une porte discrète dans une des allés de maintenance de la tour Rosacien Estevez, nous marchons dans une dédale de couloirs, qui semblent réservés aux services d'entretien, nous montons et descendons de nombreux escaliers, gauche, droite, gauche, métal, béton, j'ai presque l'impression de tourner en rond. Durant notre marche de santé, la brute m'informe que Lucci garde le profil bas ces derniers temps ayant connu quelques désagrément avec des partenaires, ou dans ses mots : «il s'est fait chié dessus et ça l'a éclaboussé sur la moitié de la tour». Je me mets à me demander comment lucci qui a toujours vécu sans connexion, sans adresse légale, sans proches, ni amis, reclus de la société réel et virtuelle peut bien réussir à afficher un profil plus bas qu'à l'habitude. Pour ma part j'ai toujours été conscient que les Yeux collectent et utilisent nos information, mais je ne m'en suis jamais réellement soucié, j'imagine que le fait de n'avoir rien de bien sorcier à me reprocher y est pour quelque chose.

Nous arrivons finalement devant une lourde porte métallique qui résisterait vraisemblablement à deux apocalypses d'affilée.


  • C'est ici. Ferme ta connexion avant de cogné.


J'hésite un peu, ferme ma connexion et puis cogne. C'est long, je m'impatiente, je cogne, je martelle la porte.


  • Lucci!... Lucci!... Luuuuuuccccccccyyyyyy!... bordel c'est Raff, Lu-cci-a-no c'est moi, Raff, ouvre cette foutu porte.


C'est dans un pénible grincement que s'ouvre la toute petite plaquette métallique formant le judas de la porte, je fait bientôt connaissance avec l’accueillante bouche d'un fusil à canon double, le genre de bestiole préhistorique qui t'amène à te requestionner sur les judicieux choix de vie qui t'ont amené à ce point précis dans l'espace-temps.


  • Raff! bordel, Raff c'est bien toi! Putain de merde ca fait un de ses bail, no mais entre, allez laisse moi t'ouvrir, deux secondes.


J'essaie de me ressaisir un peu, pendant que Lucci se débat avec sa porte plus que massive.


  • Raff!!alors ça pour une surprise, comment ta bien pu me retrou...


L'incompréhension a précédé à la peur qui a précedé à la colère. Trois secondes, les yeux dans les yeux... et puis tout est allé si vite. Je me fait poussé, je tombe , la grosse brute méchante défonce la porte, empoigne l'arme, frappe lucci¸ lance l'arme, lucci se releve et l'attaque. Les deux nouveaux amis se frappent à qui mieux-mieux sur la geule. Lucci, comme moi plus tôt, fait un sacré vol plané d'un bord à l'autre de la pièce, un vrai lutteur cette enflure. Putain! Si lucci survit à ça, c’est moi qui est un homme mort. Les deux connards en sont rendu à s'étrangler à mort mutuellement, j'entre dans la pièce, saisi le vieux blaster à la poudre à canon antique ou je ne sais trop quoi, et me précipite sur l'amas sanguinolent de bras et de jambes qui gesticule en con, je n'ai le droit qu'à un seul coup si je ne veux pas viré en purée au main de notre “gros méchant” de lutteur, putian le traître. Je prend un bon élan et allons-y alonzo, désolé de te couillassez ta petite tête d'emmerdeur, mais ce soir c'est “La crosse d'une arme et un crâne d'homme”, dans “Maman je vais mal dormir parce que j'ai bousiller la tronche à maitre ducon”.


À l'impact, la peau fend, un jet de sang concentré et puissant s'en va, virevoletant, s'écraser sur le mur adjacent.


  • Putain!!! putain de chiasse, d'enculé de ta mère! Raff !Putain!

  • Désolé, lucci, je comprend pas, jte jure, je sais pas.

  • Putain, qu'est-ce que tu attendais, putain de grosse enflure que tu est! Je pensais que t'avais vendu ma peau, putain de salopard de merde de putain de salopard... tu lui a foutu une putain de migraine à ce connard, putain mais c'est parti en couille, j'était sur que j'y passait, putain d'enfant de chiure, de fouteur de jetons, de fouteur de merde, de fouteur de ta mère. Putain Raff.

  • Je comprends pas, il m'as dit que… j’pensait que c’était ton pote, il ma dit...t'avait besoin d'argent, il te connaissait, il t'as protéger de moi... il m’a amené...il m'a... il m'a.... il m'a complètement baisé, désolé Lucci.

  • Il m'as protégé de toi? De quoi de...Bordel que ce que tu peux être con toi, un véritable légume, tu te pose des question des fois? Non mais quel connard, putain d’idiot qui réfléchis moins qu’ mort-née, je ...

  • Écoute, j'ai jamais demander à être impliqué dans tes histoires... Si j'avais un moyen pour te rejoindre aussi.